Je lave ma vaisselle. À travers mes gants de caoutchouc mes mains sentent la chaleur de l'eau. "Aimes-tu la vie comme moi ?", chante Boule Noire. Oui, j'aime cette chaleur sur mes mains et le bonheur de chanter pour moi-même dans le calme du jour.
Je lave ma vaisselle. À travers mes gants de caoutchouc mes mains sentent la chaleur de l'eau. "Aimes-tu la vie comme moi ?", chante Boule Noire. Oui, j'aime cette chaleur sur mes mains et le bonheur de chanter pour moi-même dans le calme du jour.
J'ai des mots
Simples à offrir
Dans le poème
Que tu racontes
Joséphine Bacon, Uiesh, Quelque part, Mémoire d'encrier, 2018, p. 112
(Photo prise chez moi en ce matin du jeudi 12 mars 2026)
Dans certaines chansons, que l'on n'avoue peut-être même pas écouter, il y a des vérités qui nous troublent. Cet art de brièveté et de pauvreté qu'est la chanson est une des sources premières de toute musique. Sa douleur et/ou sa joie appellent cependant d'autres développements.
L'amour des musiques pauvres. J'écoute des pièces d'harmonica de Louis Blanchette (1905-1969) et de Wilbrod Boivin (1910-1981). Deux harmonicistes importants dans l'histoire de la musique folklorique québécoise. Leurs enregistrements sont des témoignages précieux d'une époque révolue.
Dans son très beau livre intitulé "Ressusciter" (Éditions Gallimard, 2001, p. 98), Christian Bobin a écrit cette phrase magnifique et il a voulu qu'elle soit placée seule sur une page entière : 《 Quelque chose vient à tout instant nous secourir.》
Maintenant, ce sont de beaux et gros flocons de neige qui virevoltent et dansent dans le ciel. Je lis cette phrase de Christian Bobin : 《Les lumières qui nous sont accordées sont si nombreuses que, même en le voulant, nous ne pourrions les gâcher toutes.》
Ce matin, on peut marcher sur la neige sans caler. Cela me rappelle un beau conte de Michel Noël dans lequel un jeune Autochtone tombe amoureux d'une jeune fille qui est l'incarnation du printemps. Un conte de sève d'érable et de contenants en écorce de bouleau.
《Autant il faut se garder de célébrer le bon vieux temps pour accabler l'époque actuelle, autant il faut se méfier d'une description du passé en termes purement obscurantistes [...]》
Pascal Bruckner, Le mariage d'amour a-t-il échoué ?, Éditions Grasset, 2010, p.119
Il y a dans la philosophie sous-jacente aux quatre Évangiles beaucoup de choses admirables. Des pensées ayant un fort potentiel libérateur. Ces textes, encore aujourd'hui, peuvent nous aider à vivre mieux si on les interprète correctement et sans dogmatisme.
«C'est une femme vieillissante. Ses mains nues. Sa valise usée. Elle attend patiemment son tour pour enregistrer ses bagages.»
Anne Hébert, Le premier jardin, Éditions du Seuil, 1988
Plus qu'aucun autre, Maurice Ravel a compris le sens philosophique de la valse : une sorte de distanciation à la fois amoureuse et dédaigneuse du monde. Un refus de renoncer à l'élégance morale de l'innocence, malgré le prestige des méchants, malgré leur domination sur les esprits pusillanimes.
Sur les ondes de Radio VM , Mario Paquet nous fait entendre des musiques de Georges Bizet, Érik Satie et Germaine Tailleferre, trois compositeurs français. De la très belle musique.
《[...] et les poètes savent toujours se consoler.》
Nietzsche, Humain, trop humain, extrait de l'aphorisme 33
《La conception du monde injurieuse ou panégyriste est chose à laquelle il nous faut en tout cas renoncer.》
Nietzsche, Humain, trop humain, extrait de l'aphorisme 28.
《[...] oui, l'ensemble de la Renaissance apparaît comme un premier printemps qui sera presque anéanti sous la neige.》
Nietzsche, Humain, trop humain, extrait de l'aphorisme 26.
Un livre témoignage sur l'oeuvre et le parcours militant de Michel Chartrand, accessible gratuitement en libre accès via Les classiques des sciences sociales. classiques.uqam.ca/contemporain...
En diminuant de moitié le financement de l’Association internationale des études québécoises, le gouvernement Legault fragilise un réseau de défenseurs de la culture québécoise établis sur plusieurs continents. Jean-Benoit Nadeau m'a interrogé sur cette question.
lactualite.com/societe/coup...
Danemark - La fin du service postal. www.lapresse.ca/internationa...
Plusieurs des travers relevés par Adam Smith en 1776 demeurent d’actualité aujourd’hui.
Dans toutes les forêts du monde, quand le jour tombe, la gravité s'installe dans les coeurs attentifs au tournoiement des astres.
Ma mère est morte, il y a de cela quelques années. Je pense souvent à elle, à son courage, à sa maladresse de vivre qui était amoureuse et qui est aussi, je pense, la mienne. Cela nous est, j'en suis sûr, une sorte de poésie de vivre. Une force d'amour fragile mais invincible.
Aujourd'hui, le blanc de la neige, le vert des arbres et le bleu du ciel. Avec une mélodie de mazurka de Chopin en tête. Aimer la vie, aimer vivre, peut-être.
Art éphémère, art naturel du vent et de l'hiver. Art où lire la beauté du monde. Art où lire notre besoin de modestie.
Les mazurkas de Chopin. L'élégance, la nostalgie et la beauté de penser pour soi-même. Chopin, la poésie du piano, la beauté des doigts se posant amoureusement sur un clavier d'ivoire.
Hier, nous nous sommes réunis autour des cendres du père de ma femme, Sophie. L'héritage d'amour et d'amitié que cet homme a laissé était palpable. Nous avons parlé ensemble, nous avons chanté ensemble. La communauté d'esprit était belle et faisait du bien.
Dans la musique de Schubert, il y a quelque chose qui résiste à toute analyse ou réduction à ses simples parties. Le génie de Schubert en est un de consolation et même de résurrection des coeurs meurtris et enfantins qui continuent de croire au bonheur.
Ce matin, par la fenêtre de ma chambre, j'ai vu un bel arc-en-ciel. Aussi, deux oiseaux qui volaient dans sa lumière. La réalité, soudainement, tenait presque du miracle.
《 [...] on parle du sentiment moral, du sentiment religieux, comme si c'étaient là de simples unités; en réalité ce sont des courants à cent sources et affluents. Ici encore, comme si souvent, l'unité du mot ne donne aucune garantie pour l'unité de la chose.》
Nietzsche, Humain, trop humain
Vendredi déjà. La semaine de relâche tire à sa fin. Je marche en raquettes dans le bois. J'entends, au loin, le vrombissement des motoneiges. Je pense au temps qui passe : à ses joies et à ses tristesses.
🖤 Le Québec a perdu une grande voix : Jacques Michel. L'auteur-compositeur-interprète nous lègue 30 ans de chansons, dont les inoubliables « Pas besoin de frapper pour entrer » et « Un nouveau jour va se lever ». Retour sur une carrière marquante. bit.ly/4aZQNkE