Sujet signé Sebastien Hembert, Kévin Gaignoux, Charles Yzerman, Louis Piraud du Cercle Bleu, à revoir ici : lnkd.in/eg6FqFDd
Sujet signé Sebastien Hembert, Kévin Gaignoux, Charles Yzerman, Louis Piraud du Cercle Bleu, à revoir ici : lnkd.in/eg6FqFDd
Passer de la voiture thermique à l’électrique est donc un enjeu de souveraineté nationale - et les propriétaires constatent à quelle point la souveraineté énergétique est gage de résilience face aux chocs.
La France achète 37 à 40 millions de tonnes de pétrole par an pour faire rouler ses véhicules, pour une facture de 50 à 80 milliards d’euros. Parce qu’elle est ancienne, cette dépendance quotidienne semble souvent banale.
Nous devons ce recadrage à l’actualité : les conséquences de notre dépendance pétrolière s’imposent, quand elles semblaient encore prospectives jusqu’à récemment.
Cet angle tranche nettement avec les représentations médiatiques fréquentes de l’électrique (y compris chez TF1), dépeinte comme anti-sociale.
Même à l’achat, l’électrique devient compétitif avec l’essor de l’occasion.
Anne, qui a passé le cap, témoigne : “Avant, je faisais le plein toutes les semaines et demi pour 70€. Maintenant, je recharge toutes les semaines et demi pour 5€”.
Un propriétaire d’une voiture thermique : “L’augmentation des prix de l’essence est un argument pour passer à l’électrique”.
Philippe, se comparant à ceux qui font le plein d’essence à côté : “C’est vrai que je ne les envie pas. Mon épouse a une voiture thermique et quand elle fait le plein, elle n’a pas tellement le sourire”.
Adame et Guillaume, nouveaux propriétaires d’une voiture électrique d’occasion : “Quand on voit ce qui se passe en ce moment, on se dit que c’est pas plus mal de changer de carburant”.
Le vent tourne : face à l’explosion du prix de l’essence, le JT de TF1 présentait hier la voiture électrique comme une solution pro-pouvoir d’achat ! Rare de voir autant de témoignages unanimes.
Car le rôle des médias, et d'autant plus de la presse écrite, n'est pas seulement de couvrir les crises, mais d’aider à comprendre les causes structurelles et les solutions pour y faire face.
Cette séquence interroge et doit nous alerter.
Un objectif encore plus ambitieux que celui initialement fixé par la Commission européenne, puis abandonné sous la pression de certains constructeurs et de l'extrême droite.
Pourtant, le même jour, Renault faisait une annonce très attendue : l’arrêt de la vente de voitures thermiques en Europe en 2030.
Une question reste absente : comment sortir de cette dépendance aux énergies fossiles ? Comment accélérer l'électrification des usages alors que la France consomme moins d’électricité qu'elle n’en produit ?
Plusieurs solutions sont étudiées : le blocage des prix, un chèque carburant, une TVA réduite, ou encore, le recours aux stocks stratégiques (la France possède 118 jours de consommation de pétrole en réserve).
Comment limiter la casse ?
- la hausse de l’indicateur Platts, référence européenne du prix des carburants, accentuée par la dépendance structurelle de l’Europe aux importations de pétrole.
- une ruée dans les stations-service, qui fait bondir la demande, certaines enseignes en profitant pour gonfler leurs prix,
- le ralentissement du trafic dans le détroit d’Ormuz, passage stratégique pour le pétrole mondial,
Pourquoi les prix grimpent aussi vite ? Plusieurs facteurs sont évoqués :
La presse régionale (Le Parisien, Le Télégramme, La Dépêche du Midi, Sud Ouest, Midi Libre…), comme la presse nationale (Libération, Le Figaro, Les Echos et l'Opinion) en ont fait leur Une.
Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, le prix du pétrole s’envole. Ce 9 mars, le baril a atteint les 120 dollars, un niveau inédit depuis l'invasion russe en Ukraine en 2022.
Hier, au moins neuf titres de la presse française ont consacré leur Une à la hausse du prix du pétrole. AUCUN n’interroge notre dépendance aux énergies fossiles.
Chronique publiée le 4 mars 2026 dans Le Point, à retrouver ici : lnkd.in/esJ7fi_8
La peur, la méfiance et la décrédibilisation sont ici utilisées pour fermer la porte à toute possibilité de débat et préserver l'ordre établi.
Aucune de ces questions n'est posée.
- L'économie de marché répartit vraiment les ressources équitablement ? Sommes-nous libres si notre droit aux biens essentiels est dicté par le marché ?
- Face à l'épuisement des ressources : qui doit choisir des usages ? N’est-ce pas la raréfaction des ressources qui pousse les sociétés vers des décisions coercitives ?