(C’était ma dernière contribution pour Libé avant mon départ il y a trois ans)
(C’était ma dernière contribution pour Libé avant mon départ il y a trois ans)
« Un dirigeant qui se dit soumis à la volonté divine et à celle de ses semblables, mais se révélera être un décideur madré et sanguinaire, obsédé par la survie d’un régime dont il a dévoré toutes les institutions. »
Ma nécro de Khamenei est parue ce week-end dans @liberation.fr:
Le CSIS propose une fourchette de 100 000 à 140 000 morts ukrainiens – contre 275 000 à 325 000 pour l’armée russe. Ce sont des estimations, pas des cas vérifiés comme les 200 000 que vous citez ou les 15 000 civils de l’ONU
L’avertissement de l’ONU (UN human rights monitoring mission in Ukraine) sur sa méthodologie de recensement des victimes civiles de l’invasion russe de l’ukraine
On va entendre toute la journée que l’invasion russe de l’Ukraine a fait 15 000 morts civils depuis 2022, selon l’Onu.
C’est faux.
Cette estimation très minimale ne prend pas en compte le siège meurtrier de Marioupol (plusieurs dizaines de milliers de morts), et quelques autres.
Avec les photos de Vincent Haiges :
Au Panthéon des héros ordinaires de l’Ukraine en guerre.
Reportage au cimetière national militaire qui vient d’ouvrir au sud de Kyiv. À lire dans @letemps.ch :
Dans @lesoir.be, une histoire de smartphones cachés par des ados… pour suivre à distance les cours de leur école ukrainienne, alors qu'ils vivent en zone occupée.
Une histoire de solidarité par le bas, qui prouve mieux qu'un discours l'attachement de la population à son intégrité territoriale.
L’Ukraine se vide. C’est une tendance de fond, qui a débuté dès 1993 (52 millions d’habitants alors, contre environ 29-30 aujourd’hui…). Un phénomène grave face auquel les pouvoirs publics ne sont pas impuissants.
Mon article sur @mediapart.fr
En 2025, le pays comptait trois décès pour une naissance, à peu près comme les années précédentes.
La population continue de fuir à l’étranger, avec des perspectives de retour très incertaines.
En Ukraine, les cimetières se remplissent. Les carrés militaires débordent. De nouveaux sites ouvrent, par exemple cet immense complexe au sud de Kyiv (à terme, 136 000 tombes pour les combattants et les vétérans…)
Mais ce n’est que le sommet de l’iceberg.
À cause de l’hécatombe sur le champ de bataille, mais aussi des exils en dehors des frontières et du déficit des naissances, le pays traverse une crise démographique profonde.
Récit par @pierrealonso.com
Il s’en fiche, il veut juste vivre en Ukraine.
Lui a quitté la région occupée en faisant un très long périple via la Russie, l’Estonie, la Lettonie et la Lituanie. Il a passé un mois en Pologne, puis deux mois en Hongrie.
Avant ses 18 ans, il est rentré en Ukraine, en sachant bien qu’il ne pourrait plus ressortir à cause de la loi martiale.
Il avait alors 17 ans. Quatre de ses copains ont été mobilisés de force par les supplétifs des Russes. Ils sont tous morts aujourd’hui.
Un jeune barista qui bosse dans un café à côté de chez moi vient de Donetsk. Le 23 février 2022, il a vu des colonnes de blindés et de tanks russes passer. Il s’est dit : « Naaaan ils ne vont pas attaquer. » En fait, si.
Cinq chefs de services de renseignement européens estiment que la Russie ne veut pas mettre fin à la guerre en Ukraine
On refuse en fait de se dire que l'état normal peut être un état de guerre, et que tout le monde ne cherche pas la paix. Ce n'est pas un constat confortable, mais on est en 2026, 1457 jours après le 24 février 2022, je crois qu'il s'impose.
Au fond, on refuse d'accepter l'idée que la Russie veut continuer cette guerre. Macron dit que Poutine ne peut plus faire marche arrière, qu'il y a trouvé un équilibre pour poursuivre son règne. Ça paraît juste.
On invente des fables. La dernière en date, c'est cette histoire de division au sein de l'équipe ukrainienne, démentie par la présidence. Il est possible que des avis divergences existent dans la délégation envoyée par Kyiv, mais de là à en faire une cause de l'échec des négociations…
Depuis un an, la Russie fait obstacle à ces négociations : refus d'un cessez-le-feu, refus d'une rencontre Zelensky-Poutine, refus d'une trêve partielle, refus d'un échange de prisonniers tous contre tous etc. Ce sont des faits, pas des commentaires, mais on ne veut pas les prendre en compte.
On pensait qu'elle ne commencerait pas. Maintenant, on pense qu'elle s'arrêtera forcément, que tout le monde le souhaite, à commencer par les belligérants. C'est vrai pour l'Ukraine, ça ne l'est pas pour la Russie.
Peut-être qu'il faudrait ajouter un déni à ceux identifiés par l'historien Audoin-Rouzeau : déni de guerre en 2022, déni de défaite ukrainienne en 2025 (discutable), et un nouvel avatar du déni de guerre aujourd'hui.
«Les exigences russes sont plus maximalistes que je ne l’avais anticipé»
Troublant de lire ce genre de commentaire de la part de personnes censées suivre ces négociations… La rhétorique du Kremlin n'a pas changé, ses buts de guerre non plus. Le retour de Medinski ne laissait rien présager de bon.
À propos de la « contre-offensive » ukrainienne dont certains parlent ces jours-ci (il en est d’ailleurs très peu question en Ukraine) 👇
Ces données rendent un peu plus douteuses les déclarations de Klitschko, le maire de Kyiv, selon lequel 600 000 personnes auraient quitté la capitale après son appel à évacuer (consigne qu’avait alors critiquée Zelensky)
Malgré l'effondrement du système énergétique ukrainien à cause des frappes russes, le nombre de personnes quittant le pays a diminué en janvier, selon les derniers chiffres du HCR. La dégradation des conditions de vie est cependant la deuxième raison justifiant un départ.
Les deux fois, je suis resté sans voix. Ce soutien me paraît si dérisoire, surtout par rapport à que vivent ces deux personnes. Mais il compte. J’enrage qu’il soit si modeste.
Aujourd’hui, je rencontre la mère d’un soldat disparu. Elle m’accueille chez elle. J’entre, je mets les pantoufles qu’elle me tend, elle me montre des photos de son fils, et elle enchaîne : merci à la France pour son soutien.
Hier, après l’enterrement d’un soldat, je vais parler à l’un de ses camarades. Il accepte de me répondre, on s’éloigne de la tombe pour discuter. Avant tout il tient à dire un truc : remercier la France pour le soutien à l’Ukraine.
Carte présentant les trajectoires des drones et missiles tirés dans la nuit
Reprise des négociations + retour d’une vague de froid = frappes massives russes pendant la nuit sur les infrastructures énergétiques, essentiellement dans l’ouest de l’Ukraine (environ 400 drones et une trentaine de missiles balistiques et de croisière).